Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui) 9/23

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Episode 9 : Dar Al-Arqam  et les pourparlers avec les mécréants
 
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
 
La patience face aux sévices :
Les compagnons ont été frappés, humiliés et le Prophète (BP sur lui) même a eu droit au mauvais traitement. Soumaya a connu une mort terrible et pourtant, les compagnons n’ont ni tué Abou-Jahl qui a assassiné Soumaya, ni placé des explosifs en représailles. Il n’y a eu aucun recours à la violence. Le Prophète (BP sur lui) et ses compagnons, quoique sur le droit chemin, n’ont imposé leurs règles à personne en l’avilissant. C’est pour cette raison que les fils de ces mécréants n’ont pas hésité à rejoindre les rangs des musulmans, parce qu’ils ne se sentaient pas offensés en leurs ancêtres. Ils sont même devenus des grandes figures de l’islam : ‘Amr Ibn Al-‘Aç, Khaled Ibn Al-Walid, et ‘Ikrima Ibn Abi-Jahl qui mourut en martyr. La position du Prophète (BP sur lui) se résume en sa parole à ‘Amr quand il a voulu humilier un infidèle; le Messager d’Allah lui a dit : « Halte ‘Amr, peut-être dira-t-il un mot qui saura satisfaire Allah et Son Messager. »
 
C’est que le Prophète savait que la vérité triomphe toujours du faux. Il faut apprendre cette formule aux générations futures et la leur inculquer comme une valeur sûre. Ne dites donc pas qu’il est vain de lutter à contre courant. Sachez que le faux a le souffle court et ne parvient jamais à aller de l’avant devant le vrai, un peu comme la fausse monnaie qui peut envahir le marché pour un moment mais qui finira par être découverte. Celui qui triche aux examens ou à son travail n’est qu’une fausse monnaie. Bilal, Yasser, Ammar et Soumaya en dépit de leur faiblesse apparente face à Qoraïche  sont les véritables gagnants, car ils sont avec la vérité et que la vérité est la plus forte. Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme : " Il a fait descendre une eau du ciel à laquelle des vallées servent de lit, selon leur grandeur. Le flot débordé a charrié une écume flottante; et semblable à celle-ci est [l'] écume provenant de ce qu'on porte à fusion, dans le feu pour [fabriquer] des bijoux et des ustensiles. Ainsi Allah représente en parabole la Vérité et le Faux: l'écume [du torrent et du métal fondu] s'en va, au rebut, tandis que [l'eau et les objets] utiles aux Hommes demeurent sur la terre. Ainsi Allah propose des paraboles. " (TSC[i], Ar-Ra`d (LE TONNERRE) : 17).
 
Les leçons de Dar Al-Arqam :
 
Comment faire pour consolider la foi des compagnons et les doter de plus de force devant les sevices, les tentations et les attaques extérieures qui peuvent les ébranler, et pour garder haut le moral des troupes ? La solution résida dans les « stages de formation continue » qui furent organisés durant trois ans successifs dans la maison de Al-Arqam Ibn Abi Al-Arqam. La méthode consistait à rassembler les croyants pour renforcer leur relation avec Allah et leur foi en Sa majesté, et pour élargir leur horizon intellectuel. Les musulmans ont donc inventé la méthode de la formation continue en s’adaptant à la nouvelle situation. Les Musulmans y ont appris :
 
1 - L’esprit d’équipe : l’aide et le soutien des uns aux autres, la fraternité et l’amour de l’autre pour la grâce d’Allah. Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme : " sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité et s'enjoignent mutuellement l'endurance. " (TSC, Al-`Asr (LE TEMPS) : 3),
2 - La pureté du cœur et la proximité d’Allah : Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme : " Dis: «En vérité, ma Salât, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'Univers. " (TSC, Al-'An`âm (LES BESTIAUX): 162).
3 - L’attachement à sa nation : l’histoire de Youssef (Joseph, sourate 12) et la sourate de Houd (Sourate 11)
4 - Une vision élargie du monde doublée d’une compréhension de la politique interne : Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme :" Alif, Lâm, Mîm. Les Romains ont été vaincus, dans le pays voisin, et après leur défaite ils seront les vainqueurs, dans quelques années. A Allah appartient le commandement, au début et à la fin, et ce jour-là les Croyants se réjouiront " (TSC, Ar-Roûm (LES ROMAINS) : 1-4).
Le problème du lieu de rassemblement se posait parce que Qoraïche ne devrait se douter de rien. Le lieu proposé fut donc la maison de Al-Arqam Ibn Abi Al-Arqam qui était un jeune homme de 17 ans. Jamais Qoraïche, n’aurait pensé que ce jeunot allait contribuer en risquant sa vie par le don de sa maison à des réunions prohibées à l’époque. Al-Arqam n’est connu dans l’histoire de l’islam que pour sa maison. C’est l’exemple de quelqu’un qui a donné à l’islam ce qu’il avait. Je vous conseille donc de trouver quelque chose à donner à l’Islam, à votre nation. Al-Arqam n’avait que sa maison, il l’a donnée. La plus belle chose dans la vie est le don. Souvenez-vous que quand on vit pour soi-même, on naît petit, on vit petit et on meurt petit. En revanche, quand on vit pour les autres, nos vies s’étendent pour chaque personne à qui nous avons rendu le sourire.
 
Lorsque plus tard, les Mouhadjirin (émigrés) sont arrivés à Médine, et que chacun se réfugiait chez un Ansâr (Musulmans de Médine), le Prophète (BP sur lui), pour exprimer sa gratitude à Al-Arqam, lui a acheté une maison et la lui a offerte.
 
Les pourparlers avec Abou Taleb :
 
Le nombre des musulmans ne cessait d’augmenter, avec notamment ‘Omar et Hamza qui ont rejoint les rangs de l’islam. Cela a eu pour effet de bouleverser Qoraïche, qui se rendait compte que malmener les musulmans ne servait pas à grand chose et ne faisait pas reculer leur détermination. Ainsi, les Quraychites se sont tournés vers une autre solution : les négociations. Leur intention était de corrompre le Prophète en proposant des biens et des richesses en échange de sa renonciation à sa mission. Remarquez que pour beaucoup de gens, il est nettement plus difficile de résister à la tentation alors qu’ils sont capables de supporter les tourments de la torture. Allah, exalté soit-Il, a éprouvé les compagnons du Prophète de diverses façons, de la torture à la tentation. La grandeur de l’islam réside dans le fait qu’ils ont réussi à toutes les épreuves.
 
Les Quraychites se sont donc d’abord tournés vers Abou Taleb. Ils lui ont proposé un choix : contraindre son neveu (le Prophète, BP sur lui) à cesser ses activités ou l’abandonner et le livrer à eux. Par trois fois ils ont essayé. La première fois, une délégation des plus éminentes personnalités de Qoraïche est allée le voir, notamment : Abou Jahl, Abou Soufiane, Ôttba Ibn Rabia, Chaïba Ibn Rabia, Al Walid Ibn Al-Moghira, Al Ass Ibn Waïl, Al Boukhtouri Ibn Hicham. Leur requête était directe : " Abou Taleb, retiens ton neveu ! Il a insulté nos dieux et a outragé notre religion. Alors retiens-le ou laisse-nous faire. " Car ils savaient pertinemment que Abou Taleb avait promis sa protection à Mohammad (BP sur lui) lors d’un débat précédent. A cette demande, Abou Taleb s’est dérobé avec une dextérité courtoise sans leur donner satisfaction. Loin d’abandonner, ils sont revenus une nouvelle fois avec une proposition singulière. Ils proposèrent : " Nous t’amenons Îmara Ibn Al Walid Ibn Al-Moghira, qui est le meilleur parmi la jeunesse Quraychite de part son lignage, sa beauté et sa sagacité. Prends-le et fais de lui ton fils et remets-nous ton neveu qui a insulté ta religion et celle de ton père Abd Al Mottalib pour que nous le tuions. Ainsi, ce sera un homme contre un homme." Il a répondu : " Par Allah vous ne me rendez pas justice ! Vous me donnez votre fils, je le nourris et je l’éduque, et je vous remets le mien pour que vous le tuiez ? Par Allah, il n’en sera jamais ainsi, et faites ce que bon vous semble." Il y a là un enseignement très important : si vous êtes dans le vrai, ne fléchissez jamais, même si vous subissez des pressions et des intimidations, même si vous êtes désarmés, tenez bon. Et surtout, tâchez d’enraciner ce concept dans les esprits de vos enfants, racontez-leur des histoires sur la gloire et le triomphe de la vérité chaque soir en les envoyant au lit. Il faut que la nouvelle génération soit imprégnée par ce principe.
Les Quraychites donc, après leur second échec, sont revenus pour la troisième fois, plus décidés et menaçants que jamais. Ils dirent à Abou Taleb : " Abou Taleb, tu as une notoriété et une préséance parmi nous, et ton neveu ne cesse de nous offenser. Nous ne le supporterons plus désormais. Alors, soit tu le retiens ce jour, soit nous vous ferons la guerre à toi, lui et Bani Hachim (sa tribu), jusqu’à ce qu’un des partis succombe. " Ainsi, ils ont déclaré la guerre pour la première fois, puis ils sont partis sans lui laisser l’occasion de répondre. Abou Taleb a été secoué, ébranlé par le fait que, pour la première fois, on osait offenser la grande famille de Bani Abd Al Mottalib (les descendants de Abd El Motallib) aussi ouvertement. Il était dur pour lui de voir que la famille qui compte parmi ses membres celui qui a creusé le puits de Zam Zam, celui qui s’est dressé devant le tyran Abraha, celui qui a réuni Qoraïche et bien d’autres, a été si solennellement injuriée. Son appréhension ne fut que plus grande à l’idée que cette fois le danger était authentique, et que les Quraychites  risquaient de mettre à exécution leurs menaces. Il a donc envoyé chercher le Prophète (BP sur lui), l’a mis au courant de ce qui venait de se produire et lui a clairement dit : " Ô mon neveu, préserve ta personne et la mienne, et ne m’astreins pas à supporter ce que je ne peux endurer ". Avec fermeté, le Prophète (BP sur lui) lui répondit : « Par Allah, mon oncle, s’ils mettaient le soleil dans ma droite, et la lune dans ma gauche pour que j’abandonne cette affaire, je ne l’abandonnerai pas jusqu’à ce qu’Allah lui donne victoire ou que je périsse en essayant. » Apprenez à avoir cette force et cette détermination : il affirme qu’il préférerait mourir plutôt que d’abandonner sa mission, et qu’il ne l’échangerait pas contre les deux moitiés de l’univers : le jour et la nuit. L’islam est très cher, il doit valoir plus que le monde entier à vos yeux.
 
Après avoir dit ces mots, le Prophète (BP sur lui) a pleuré. Il a pleuré entre les mains d’Allah, car il n’avait personne d’autre que Lui sur qui s’appuyer. Remarquez comment le Prophète (BP sur lui) possède une extrême fermeté et une extrême détermination, mais aussi une tendresse et une affection à profusion. En plus, jamais il n’a proféré une injure à l’encontre de son oncle. On trouve des jeunes gens pieux qui sont tellement déterminés et résolus qu’ils en deviennent endurcis vis à vis de leurs proches. Tout comme on trouve des jeunes pieux tendres, doux et agréables, mais qui se montrent craintifs et irrésolus aux moments décisifs.
 
Après lui avoir dit ces mots, le Prophète est parti laissant son oncle méditer. Après réflexion, ce dernier l’a rappelé pour lui dire : " Mohammad, vas-y et dis ce que tu voudras. Je suis avec toi, et jamais je ne t’abandonnerai". Le Prophète a donc réussi à rendre l’espoir et la confiance à son oncle. Tout comme lui, essayez de redonner confiance à vos proches. Ceux qui vous affirment que vos efforts sont vains et qu’il n’y aura pas de renaissance, restituez leur confiance et leur espoir en affichant une détermination mêlée à la compassion. Je m’adresse aux grandes familles, partout dans le monde islamique, nous avons grand besoin de personnes comme Abou Taleb. Il est vrai qu’il n’a pas rejoint l’islam, mais sa vaillance était grandiose.
 
Les négociations avec le Prophète (BP sur lui) :
 
Convaincus que leurs tentatives de négociation avec Abou Taleb étaient vaines, les Quraychites ont décidé de marchander directement avec le Prophète (BP sur lui). Ils ont tenu conseil et décidé d’envoyer le plus âgé parmi eux : Ottba Ibn Rabïa qui devra retrouver le Prophète devant la Ka’ba pour lui parler. Le Prophète se trouvait souvent devant la Ka’ba, un lieu public où circulent tous les Quraychites. Remarquez donc qu’il ne se retirait pas de la société. Bien au contraire, notre religion nous incite à nous mêler à la foule, à l’univers même ! Nous devons être ouverts sur tout le reste du monde, et non cloîtrés et isolés.
 
Ottba Ibn Rabïa est donc allé trouver le Prophète (BP sur lui) et lui a dit : " Fils de mon frère, tu es parmi nous d’un rang élevé et d’une lignée honorable, et tu as présenté à ton peuple une affaire énorme qui ne s’est jamais manifestée auparavant. Tu as brisé avec ça notre union, et tu as séparé entre l’homme et son fils. Je te fais des propositions, examine-les peut-être en accepteras-tu quelques-unes. Si tu veux de l’argent, nous t’en rassemblerons de nos richesses jusqu’à ce que tu sois le plus fortuné parmi nous. Si tu veux de la notoriété, nous ferons de toi notre chef, et nous ne prendrons plus de décision sans te consulter. Si tu veux un royaume, nous ferrons de toi notre roi. Si ce qui t’arrive est un maléfice des djinns, nous appellerons la médecine pour toi et nous y dépenserons notre argent jusqu’à ta guérison. Si tu veux épouser une belle femme, nous te marierons avec la plus belle fille de Qoraïche." Ils n’ont rien omis : richesses, pouvoir, royauté, santé, femmes… de quoi allécher n’importe qui.
 
Au début, lorsque Ottba est venu avec ses propositions, le Prophète (BP sur lui) lui avait dit : " Parle, Abou Al-Walid (l’appelant par son surnom), j’écoute » et en aucun moment il ne l’a interrompu lorsqu’il énumérait ses offres. Remarquez la finesse de ses manières (BP sur lui) lorsqu’il s’adresse aux autres. A la fin, le Prophète lui a demandé : « As-tu terminé ? », il a répondu : "Oui". Le Prophète a alors dit : « Veux-tu m’écouter maintenant ? » Comme le Prophète avait écouté poliment ce que Ottba Ibn Rabïa était venu lui dire, ce dernier a accepté d’écouter sa réponse qui fut une partie de Sourate Foussilat (Les versets détaillés)  - ce qui peut être traduit par : « H’ā, Mīm. [C’est] une Révélation descendue de la part du Tout Miséricordieux, du Très Miséricordieux. Un Livre dont les versets sont détaillés (et clairement exposés), un Coran [lecture] arabe pour des gens qui savent, annonciateur [d’une bonne nouvelle] et avertisseur. Mais la plupart d’entre eux se détournent; c’est qu’ils n’entendent pas. […] S’ils s’en détournent, alors dis-leur; «Je vous ai avertis d’une foudre semblable à celle qui frappa les ‘Aad et les Tamūd». » (Versets 1 à 13) Avant que le Prophète ait fini de réciter toute la sourate, Ottba a posé sa main sur sa bouche en lui disant : " Je t’implore au nom du lien de sang qui est entre nous de te taire." La récitation du Prophète était tellement puissante que Ottba a eu peur que la foudre ne frappe en cet instant. Vous arrive-t-il de lire le Coran avec tant d’ardeur ? Ottba  est ensuite retourné vers les autres qui l’attendaient. En le voyant, Abou Soufiane qui était un homme très intelligent, leur a dit : " Par Allah, il revient vers vous avec un visage autre que celui qu’il avait à son départ ". Ils ont demandé : " Qu’y a-t-il? " Il a répondu : "Je n’ai jamais entendu rien de pareil. Par Allah, ce n’est ni des poèmes ni de la sorcellerie, et par Allah il a une douceur et il est imprégné de suavité, et par Allah nul ne saurait le dépasser." La vérité finit par triompher car c’est une monnaie authentique. Il a continué : "Ô peuple de Qoraïche, obéissez-moi aujourd’hui, puis désobéissez sur toute autre chose : Laissez cet homme faire ce qu’il désire, car par Allah, il a un destin formidable." Il atteste que le message du Prophète est sublime. Il a continué : " Laissez-le, si les Arabes se débarrassent de lui, vous serez débarrassés. Si c’est lui qui triomphe, son royaume est vôtre et son éminence est vôtre." Il a donné son opinion en toute sagesse. Alors, ils ont répondu : " Par Allah, il t’a ensorcelé ".
 
Pourquoi le Prophète n’a-t-il pas accepté ? Il aurait pu accepter d’être roi, et aurait confié le commandement à ses compagnons en oppressant ses ennemis, mais il ne l’a pas fait. La raison est que la fin ne justifie pas les moyens. Le Prophète triomphe par des moyens justes. Regardez comme il avait ce qui est appelé aujourd’hui une politique propre, et que nous ne trouvons pratiquement pas chez les politiciens. D’un autre côté, si le Prophète avait accepté la royauté alors que les gens n’adhéraient pas encore à son projet, il aurait été amené à les obliger d’y adhérer, et serait de ce fait un dictateur et un tyran. Cela signifie qu’il n’y a pas de contrainte dans la religion, l’islam est une religion de liberté. Remarquez également que les compagnons n’étaient pas encore prêts pour diriger. En plus de tout cela, les Quraychites, s’ils lui cédaient la royauté, auraient imposé qu’il ne fasse plus mention de la question d’un Dieu unique, et le Prophète (BP sur lui) n’était pas disposé à réformer la société et l’économie sans commencer par corriger les croyances des gens, car la réforme et l’évolution doivent se faire sur la base de la foi.
 
Après l’échec de ce premier marchandage, ils sont revenus à la charge, les sept ensemble cette fois. Ils ont fait les mêmes propositions, sachant que leur présence avait une grande signification vu qu’ils représentaient le parlement de Qoraïche. Cette fois, au lieu de leur réciter une sourate, il leur a répondu : « Je ne suis pas venu pour vous prendre vos richesses, ni pour être votre roi, ni pour être chef, mais je suis un messager du seigneur de l’univers pour vous. Si vous acceptez ce que je vous apporte, ce sera votre part de ce monde et de l’au-delà, et si vous vous en détournez, je soutiendrai le commandement d’Allah, jusqu’à ce que Allah tranche entre nous. » Les Quraychites sont donc arrivés à la conclusion que leurs efforts pour le corrompre resteraient sans fruits. A ce moment, l’un d’entre eux, très rusé, s’est adressé au Prophète (BP sur lui). Il a dit : « Mohammad, es-tu meilleur que ton père ? Es-tu meilleur que Abd Al Mouttalib ? " (Il voulait ainsi semer la discorde entre lui et Abou Taleb) " Si tu prétends que ton père et ton grand-père sont meilleurs que toi, alors pourquoi abandonnes-tu leurs dieux ? Et si tu prétends que tu es meilleur qu’eux, dis-le-nous pour que nous en informions les gens. " Le Prophète (BP sur lui) n’a pas répondu, sachant sagement que la réponse ne peut que lui porter préjudice.
 
Il arrive que tu sois insulté ou qu’une rumeur circule à ton sujet, et cela peut durer des années, mais dans certains cas il vaut mieux que tu ne répondes pas. Tout comme le Prophète (BP sur lui) a su discerner le moment où le silence valait mieux qu’une réponse sans intérêt. Il est simplement parti en récitant Sourate Foussilat (les versets détaillés), laissant les Quraychites enragés par son silence.
 
Le Prophète a donc réussi contre la torture, il a réussi avec Abou Taleb et il a réussi contre les offres. Tout ce qui resta aux Quraychites était les marchandages. D’abord, ils proposèrent : " Nous adorerons ton Dieu un jour, et tu adoreras les nôtres un jour ", ce à quoi notre Prophète (BP sur lui) répondit par les versets - ce qui peut être traduit par : « Dis: «O vous les infidèles! Je n’adore pas ce que vous adorez. » (TSC, Al-Kâfiroun (les infidèles) : 1-2).
 
Dans cette confrontation entre le Prophète et Qoraïche, il est manifeste que c’est lui le plus fort et eux les faibles. Bien que ce soit lui qui subisse les tourments, il reste le plus fort. Ensuite, ils lui proposèrent de renvoyer les plus démunis parmi ceux qui l’ont suivi et de les prendre à leur place parmi ses compagnons. Le Prophète a eu un moment d’hésitation à ce sujet, et le verset est descendu : « Et si Nous ne t'avions pas raffermi, tu aurais bien failli t'incliner quelque peu vers eux » (TSC, Al-‘Isrâ’ (Le voyage nocturne) : 74) puis un autre verset : « Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, implorent leur Seigneur, cherchant sa Face «Wajh». » (TSC, Al-‘An’âm (Les bestiaux) : 52). La vérité est très tenace, jamais elle n’est ébranlée par un marchandage. Il faut prendre l’islam entier ou le laisser.
 
La dernière issue que les Quraychites ont inventée était de demander un miracle : faire jaillir des rivières partout dans la péninsule arabe ou ressusciter un des leurs ancêtres, notamment Qosaï Ibn Kilab, ou faire descendre un ange du ciel qui devrait leur confirmer que Mohammad disait la vérité. Le Prophète répondit : « Je ne suis pas celui qui demandera cela à son seigneur ! » Car cette religion ne doit pas triompher grâce à des miracles. Cette religion triomphera grâce aux musulmans. Les versets sont venus par la suite confirmer la décision du Prophète - ce qui peut être traduit par : « Et ils dirent: «Nous ne croirons pas en toi, jusqu’à ce que tu aies fait jaillir de terre, pour nous, une source…» » (TSC, Al-‘Isrâ’ (Le voyage nocturne) : 90-93).
 
A chaque fois qu’ils demandaient quelque chose au Prophète, il refusait. Certains prétendent que nous, les musulmans, sommes obstinés. Certes, mais seulement pour les principes que nous ne pouvons pas abandonner.
 
Conclusion :
 
Quatre leçons sont à tirer de l’épisode d’aujourd’hui:
1.       Sois une monnaie authentique et ne sois pas une fausse monnaie.
2.       Pour les grands du monde arabe : protégez la vérité comme Abou Taleb.
3.       Pour les jeunes : Engendrez la renaissance et ne craignez rien.
4.       L’entraînement est un précepte très important que notre Prophète (BP sur lui) a utilisé il y a des centaines d’années

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