Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui) 18/23

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Episode 18 : La bataille de badr
Introduction :
A Son arrivée à Médine, le Messager (BP sur lui) s’occupa en premier lieu des nombreuses difficultés sociales. Les émigrés étaient venus sans leurs familles et leurs biens. Alors qu’ils vivaient du commerce à la Mecque ils se retrouvèrent dans un pays dont la principale ressource était l’agriculture et où le climat leur était étranger. La plupart était dans une mauvaise situation financière et le Messager (BP sur lui) gardait près de lui les plus démunis sur une estrade au fond de la mosquée. Ils s’y tenaient tout le temps et furent ainsi connus sous le nom de Ahl As-Souffa (les gens de la banquette).
Il y avait de la concurrence entre les Aws et les Khazradj qui se guettaient. Chaque tribu recherchait la suprématie et il y avait encore parmi eux un certain nombre de mécréants.
Les Juifs de Médine formaient une forte communauté qui dominait le commerce des grains, des vins et du tissu. Ils étaient propriétaires de quasi tous les puits de la ville. Etant des gens du Livre, ils éprouvaient pour les Arabes un grand mépris qui se transforma en haine à l’annonce de la venue d’un prophète parmi ces derniers. Ils avaient toujours pensé que le dernier messager serait juif.
A tous ces groupes disparates, s’ajoutaient les hypocrites qui n’avaient embrassé l’Islam que par intérêt personnel.
Pour remédier à la situation intérieure, le Prophète (BP sur lui) fit trois choses. En premier lieu, il construisit la mosquée, non seulement pour en faire un lieu de culte mais un creuset où la société et les cœurs devaient fusionner.
Deuxièmement, il tissa la fraternité entre les Mouhâdjirîne et les Ançâr. Chacun de ces derniers devait prendre un Mouhâdjir chez lui et subvenir à ses besoins matériels. Le problème de l’habitat fut ainsi résolu et la société devint plus unie.
Ensuite, pour définir la situation des Juifs et la relation avec eux, une constitution qui précisait les droits et les devoirs de tous les citoyens, eux compris, fut instaurée.
La vie à Médine :
L’amour du bien commença à se développer dans la société et les personnes de nature positive s’activèrent. Je vous en donne un exemple économique et un autre de l’amour du bien.
Une nuit, un des Mohâdjirine pauvres n’arrivait pas à dormir, tenaillé par la faim. Le Messager (BP sur lui) demanda qui pouvait le faire dîner. Un homme des Ancâr s’engagea et le prit chez lui. Il était lui-même pauvre et avait cette nuit juste ce qui pouvait suffire à ses enfants. Il demanda à sa femme de coucher les petits sans dîner, d’éteindre la lampe en faisant semblant de l’arranger et d’apporter le peu de nourriture qu’ils avaient. Il se mit ensuite d’accord avec elle pour faire semblant de manger parce que la nourriture suffisait à peine à une personne. Ils firent cela en secret pour mériter la rétribution d’Allah. Leur histoire et un verset à ce sujet furent révélés au Messager (BP sur lui) qui leur dit au matin : “Allah est satisfait de votre action.” Il leur récita le verset – qui peut être traduit par - : “à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. " (TSC[i], Al-Hachr (L'EXODE) : 9). Ils avaient désiré le faire dans le secret et Allah voulut le divulguer pour donner leur exemple et faire accroître le bien dans la société qui en avait besoin.
Un autre exemple fut celui de ‘Othmâne ibn ‘Affân qui acheta un puits nommé “Roma” pour l’offrir aux Musulmans de Médine.
Remarquez-vous que l’Islam n’était pas venu pour ordonner uniquement aux gens le jeûne et la prière mais également l’édification de la société. Le Messager encourageait l’économie et les commerçants. A ce propos, un groupe de soixante-dix jeunes hommes s’unirent pour apprendre à Ahl As-Souffa des petits métiers au moyen desquels ils devaient améliorer leur situation matérielle. Ils les entraînaient à ces artisanats le matin et leur apprenaient le Coran le soir. Ces soixante-dix jeunes hommes, appelés les “Récitateurs” parce qu’ils apprenaient le Coran aux gens, reçurent tous le même jour l’honneur du martyre, parce qu’ils s’étaient dévoués pour leur société. Il faut considérer ce point de vue de l’Islam qui apprécie tous ceux qui font du bien aux autres autant que les martyrs. Il ne s’agit pas seulement de prendre soin des orphelins et des mosquées, tout effort fourni pour le bien de la société est méritoire.
Pendant cette période, les devoirs cultuels furent révélés et la prière qui comprenait à tous les moments juste deux Rak‘at (prosternation) prit son aspect actuel. Ces révélations venaient au moment opportun parce que les gens avaient besoin d’une énorme énergie spirituelle pour accomplir ce renouveau. Le jeûne, le hidjâb, la zakât et tous les autres devoirs ne furent ordonnés qu’à la seconde année de la Hidjra. Voyez-vous que dans notre religion toute chose vient au moment opportun pour la société ?
Egalement en cette période, des innovations commençaient à poindre, telle le Mimbar (chaire). Ce fut l’idée d’une femme qui avait suggéré au Messager (BP sur lui) de lui en faire un pour le rendre visible à tout le monde durant ses sermons. Ce qui est, de notre temps, une des théories médiatiques importantes pour intensifier la communication. Le Adhân (appel à la prière) fut également trouvé par un homme appelé ‘Abdillâh ibn Zaïd qui s’étant endormi soucieux de trouver un moyen d’appeler les Musulmans à la prière comme le voulait le Messager, il fit un rêve où quelqu’un lui récitait la formule utilisée jusqu’à nos jours.
Cette nouvelle société très pauvre supportait ses peines en prenant comme exemple le Messager d’Allah (BP sur lui). Un jour un de ses compagnons vint se plaindre à lui de la faim et lui montra comment il avait attaché une pierre sur son estomac pour l’apaiser. A sa surprise le Prophète (BP sur lui) souleva ses habits et lui montra qu’il avait deux pierres et non une. ‘Â’icha disait q’un mois après l’autre passait sans que le feu ne s ‘allume dans le foyer du Messager (BP sur lui). Elle disait qu’il se nourrissait-il d’eau et de dattes. En visitant Médine, nous remarquons comment les maisons de sa famille étaient petites et simples malgré qu’il y eut en ces temps des habitations luxueuses. Il savait qu’il devait donner l’exemple. Une fois, une femme lui tissa une cape en laine et la lui offrit par un jour très froid. Le Prophète (BP sur lui) heureux, la porta pour la Salat du Fadjr (aube). Après la fin de la prière, un homme se leva et la lui demanda. Sans hésiter le Messager l’enleva et la mit lui-même sur ses épaules.
La situation extérieure :
La situation extérieure n’était pas moins difficile. Si la bataille entre la vérité et les intérêts personnels s’était terminée à la Mecque par le départ de la vérité, elle n’était pas finie. Nous allons mentionner les luttes et nous n’avons pas honte de notre histoire parce qu’elle est honorable. Vue la situation mondiale où nous nous trouvons aujourd’hui, nous n’avons pas honte des versets et des hadiths qui parlent de lutte. Nous allons étudier les causes de ces combats. Les premières paroles du Messager (BP sur lui) à Médine furent “Répandez le salut” parce que notre religion est celle du salut dans le sens de paix. Pourquoi alors toutes ces batailles ? Il ne les a jamais voulues et le nombre de tous les Musulmans, morts dans les dix-sept batailles, qui n’a pas dépassé quatre cents personnes en est la preuve. Il aurait pu s’il l’avait voulu les rendre sanglantes mais il n’a fait la guerre que pour pouvoir communiquer le Message.
Nous devons nous rappeler que depuis le premier jour le Prophète (BP sur lui) disait à Qoraïche : “Ne vous interposez pas entre les gens et moi, laissez-moi leur parler.” Il était sorti de la Mecque mais le problème n’était pas résolu parce qu’il devait toujours communiquer son Message. Il n’était pas parti pour en finir et mener une autre vie et Qoraïche continuait à lui faire obstacle. Les autres tribus également n’osaient pas se rapprocher de lui pour ne pas fâcher Qoraïche. Il essayait avec elles mais personne ne répondait à son appel. Mais le Messager (BP sur lui) avait décidé de communiquer son Message coûte que coûte même s’il devait mourir. Les qorayshites comprenaient que le Prophète (BP sur lui) ne voulait que communiquer son Message aux gens. L’un d’entre eux, ‘Otba ibn Rabî‘a‘, dit à ses confrères au jour de la bataille de Badr : “Retournons et laissons le champ libre entre Mohammed et les gens. S’il échoue, vous serez débarrassés de lui et s’il réussit cela sera un honneur de plus pour vous.” Abou Djahl lui répondit : “Lâche ! Abandonnerons-nous nos intérêts, notre argent, nos idoles et notre commerce avec les Arabes ?” Ainsi la Hidjra avait résolu le problème de la sécurité du Prophète (BP sur lui) mais pas le problème essentiel qui était le refus de Qoraïche de le laisser communiquer son Message.
Qoraïche l’empêchait de poursuivre sa mission et de plus elle avait mis la main sur tous les biens que les Mouhâdjirînes avaient abandonnés à la Mecque. Est-ce que le Messager (BP sur lui) pouvait négliger tous les droits de tous ces gens ? Il devait défendre la vérité et la justice. S’il ne l’a pas fait à la Mecque c’est parce qu’il était citoyen de cette ville et il avait des devoirs envers la société à laquelle il ne pouvait nuire. Si un ennemi étranger me veut du mal à moi ou à mon pays, je lui fais franchement la guerre, mais pas à ma propre société. Maintenant que nous sommes deux entités différentes, je peux la faire.
C’est pour toutes ces raisons que le Messager commença sa lutte contre Qoraïche qui d’ailleurs s’apprêtait à attaquer Médine. Les Musulmans d’aujourd’hui essayent de trouver des excuses aux batailles du Prophète (BP sur lui) mais il n’y a pas de quoi avoir honte. Il avait un message à communiquer et il voulait établir la justice et la vérité.
Pendant que le Messager commençait ses apprêts, l’ordre de changer la direction de la Qibla (direction prise durent la prière) fut révélé. Pourquoi est-ce qu’Allah voulut la changer de Jérusalem vers la Ka‘ba ? Pour leur faire remarquer qu’il fallait avoir un œil sur la Mecque. Cette dernière abritait la plus prestigieuse des communautés arabes et si le problème était résolu avec elle, il le serait avec toutes les autres. Ainsi, le changement de la Qibla était stratégique en même temps que religieux.
Depuis son premier jour à la Médine le Messager (BP sur lui) savait qu’il y aurait des guerres contre Qoraïche. Pour commencer, il fit une sorte de sondage et voulut savoir le nombre des Musulmans à Médine qui étaient capables de porter les armes et de ceux qui savaient lire et écrire. Ensuite, il instaura un service de renseignements composé de très jeunes hommes qui se déplaçaient en petits groupes dirigés par Talha ibn ‘Obaïd Allah, Sa‘d ibn Zaïd (le mari de Fatima bint Al-Khattâb sœur de ‘Omar) et un autre Compagnon qui, tous deux, reçurent le bon augure de Paradis durant leur vie. Ils devaient étudier toute chose sur la route entre la Mecque et Médine, visiter les tribus sur le chemin et essayer de les neutraliser. En même temps le Messager (BP sur lui) envoyait des bataillons, dix-sept en tout et pour tout, pas pour se battre mais pour aller et venir sur la route entre la Mecque et Médine. Ils se composaient de Mouhâdjirînes et cela était une sorte d’entraînement à la guerre.
Le dernier bataillon avant Badr était sous le commandement de ‘Abdillâh ibn Djhach. Le messager lui donna une lettre qu’il ne devait ouvrir qu’après deux jours devant ses autres compagnons. Lorsqu’il l’ouvrit au jour fixé, il vit que le Prophète (BP sur lui) lui ordonnait de se rendre à une certaine place entre la Mecque et At-Tâëf et de lui rapporter des nouvelles précises de Qoraïche. Il ne devait obliger aucun de ses compagnons à accomplir la mission contre son gré. Le Messager (BP sur lui) avait pensé à les envoyer dans les mois de trêve convenus entre toutes les tribus depuis toujours et éviter ainsi que Qoraïche ne leur fasse du mal. Les huit individus du groupe acceptèrent de partir et, en route, deux d’entre eux, Sa‘d ibn abi Waqqâç et un autre, s’égarèrent et furent pris par Qoraïche. C’était au dernier jour des mois de trêve sacrés chez les Arabes et ils ne savaient quoi faire surtout que deux d’entre eux avaient été pris en otage. A ce moment des membres d’une tribu de Qoraïche passèrent devant eux. Ils se concertèrent et décidèrent de prendre deux prisonniers à la place des leurs. L’un d’entre eux leur rappela que le Messager les avait envoyés pour se renseigner uniquement et qu’ils étaient dans les mois de trêve. Mais comme ils étaient au dernier jour de ce mois et le soir, ils se dirent qu’ils pouvaient considérer les mois terminés. Ils lancèrent une flèche qui tua un Quraychite appelé ‘Amr ibn Al-Hadramy, prirent deux prisonniers et retournèrent vers le Prophète.
Qoraïche profita de l’occasion pour répandre partout dans La Presqu’île Arabe que Mohammed transgressait la trêve des mois sacrés.
Le Messager (BP sur lui) très en colère contre le bataillon, leur dit qu’il les avait envoyés spécialement à cette date pour qu’il n’y ait pas de bataille mais des versets qui commentaient la situation furent révélés. Ils peuvent être ainsi traduits : “Ils t'interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. - Dis: «Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d'Allah est de faire obstacle au sentier d'Allah, d'être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d'expulser de là ses habitants. L'association est plus grave que le meurtre.» Or, ils ne cesseront de vous combattre jusqu'à, s'ils peuvent, vous détourner de votre religion. Et ceux qui parmi vous abjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu: ils y demeureront éternellement. " (TSC, Al-Baqara (LA VACHE) : 217).
Allah disait aux Musulmans et publiquement qu’ils avaient eu tort mais que la faute des mécréants était plus grave. Si nous comparons cet incident à ce qui se passe de nos jours, nous pouvons dire que, si le terrorisme est certainement un crime, les politiques qui le causent et l’absence de la vérité et de la justice dans le monde le sont encore plus.
La bataille de Badr :
La bataille de Badr est appelée dans le Coran le jour du discernement (Al-Fourqan), qui discerne le vrai du faux, le bien du mal. C’est la victoire du bien, de la justice qui se propagera dans le monde entier. Elle créera un nouveau statu quo car après cette bataille, Qoraïche ne sera plus la seule puissance dans la péninsule arabe.
Les causes de la bataille :
Qoraïche a envoyé en Syrie une caravane commerciale de 1 000 chameaux chargés de 50 000 dinars d’or gardés par 40 gardes, et conduite par Abou Soufyan. Il s’agissait de l’argent des Quraychites et des Musulmans qui avaient laissé tous leurs biens derrière eux pour émigrer. La caravane devait passer par Médine en revenant de Syrie. Le Prophète qui avait été informé de sa venue décida de partir à sa rencontre.
Remarquons que le Prophète avait rendu les dépôts à ses propriétaires avant son départ de la Mecque. Pourquoi la situation était-elle différente ici ? Le dépôt doit absolument retourner à son propriétaire quels que soient les différends survenus entre le propriétaire du dépôt et celui à qui il est confié. Quant à la caravane, elle transportait l’argent des émigrés, qui n’étaient plus citoyens mecquois et en conflit avec la Mecque qui combattait la propagation de leur Message.
Les Musulmans tentaient donc de faire pression sur le commerce des Mecquois.
Abou Soufyan qui apprit que le Prophète était sorti à sa rencontre avec 313 compagnons envoya prévenir Qoraïche.  Amr Ibn Damdam,  pour alerter les Mecquois, fit son entrée à la Mecque à l’envers sur sa monture et couvert de sang en appelant à l’aide et en criant au désastre, Mohammed avait attaqué leur caravane. A cette nouvelle, Abou Jahl jura qu’ils partiraient à leur rencontre la nuit même. Il prépara une armée de 950 hommes, 200 chevaux, des chameaux comme monture et 100 chameaux pour le ravitaillement.
Notons que trois jours plus tôt, ‘Atika la tante du Prophète qui habitait la Mecque, avait vu un songe prémonitoire : Quelqu’un s’écriait a plusieurs reprises dans la ville : ô vous les traîtres, dans trois jours, ce sera votre tour. 
Quant au Prophète, il n’était pas sorti de Médine pour combattre et était accompagné seulement de 313 hommes, deux chevaux, et 70 chameaux qu’ils montaient à tour de rôle sur la distance de 150 km. Chaque homme devait donc marcher 100 km. Le Prophète avait 55 ans à l’époque ; lorsque les compagnons voulurent lui céder leur place sur la monture, il refusa vivement et insista à marcher comme eux en disant : «  Vous n’êtes pas plus capables de marcher que moi, et je n’ai pas moins besoin de la récompense divine que vous. »  Comme lui (BP sur lui), ne nous lassons pas de rechercher la récompense divine…
Entre temps, Abou Soufyan avait changé l’itinéraire de la caravane en direction de Yanbu’ et Jedda et le Prophète avait été informé de la venue de l’armée mecquoise. Or parmi les 313 hommes qui étaient sortis avec lui, il y avait des Ançars. Le pacte conclu avec eux à Al-‘Aqaba stipulait que les Médinois devaient défendre le Prophète sur leur territoire. Or ils se trouvaient à présent hors de la ville. Le Prophète s’adressant à ses hommes dit : « Conseillez-moi » Abou Bakr et ‘Omar prirent d’abord la parole pour manifester leur soutien au Prophète. Un troisième prit la parole et dit : « Nous ne te disons pas ce que les Banou Isra’il ont dit : ils ont dit pars, toi et ton Seigneur, au combat; nous restons. Quant à nous, nous te disons, pars, toi et ton Seigneur, au combat, nous combattons avec vous. » Mais le Prophète, qui voulait connaître la position des Ançars répéta : « Conseillez-moi. » L’Ansari Sa‘d Ibn Mou‘ad se leva alors et dit : « C’est notre avis que tu veux ? » Le Prophète acquiesça et Sa‘d continua ainsi : « Nous avons cru en toi et t’avons obéi, nous avons fait pacte de t’obéir, va donc au combat, par Allah, si tu allais en mer nous te suivrions tous sans exception. Prends ce que tu veux de nos biens, et laisse ce que tu veux, et ce que tu prendras nous est plus cher que ce que tu laisseras. Fais la paix avec qui tu veux, combats qui tu veux, établis ou romps des liens avec qui tu veux, par Allah tu nous trouveras sincères et patients au combat, puisse Allah te montrer de nous ce qui réjouira tes yeux. »
Le plan du Prophète (BP sur lui) pour la bataille était d’aligner ses hommes sur un rang qui dissimulait un deuxième rang d’archers juste derrière la première rangée de combattants.
Pour évaluer l’effectif de l’armée mecquoise le Prophète interrogea un jeune garçon qui ravitaillait les armées en eau. D’après le nombre de bêtes égorgées chaque jour-- entre 9 et 10-- le Prophète (BP sur lui) déduit que l’armée ennemie comptait entre 900 et 1000 hommes et il sut que la plupart des grands dirigeants mecquois s’y trouvaient. Il apprit également la position de l’armée de Qoraïche sur le versant le plus éloigné de la vallée. Les musulmans eux étaient positionnés sur le versant le plus proche et ne voyaient pas l’armée ennemie. Allah dit- ce qui peut être traduit par : " Vous étiez sur le versant le plus proche, et eux (les ennemis) sur le versant le plus éloigné, tandis que la caravane était plus bas que vous. Si vous vous étiez donné rendez-vous, vous l’auriez manqué (effrayés par le nombre de l’ennemi). Mais il fallait qu’Allah accomplît un ordre qui devait être exécuté…" (TSC,  Al-Anfâl (Les butins : 42).
C’est alors que la pluie se mit à tomber et à alourdir le terrain sur lequel se déplaçait Qoraïche, alors que le sol plus dur du versant proche n’était pas affecté. Qoraïche se trouva ainsi embourbée et encombrée par leur grand effectif. Car Allah soutient ceux qui travaillent et font tout leur possible sans épargner aucun effort. Et Allah dit- ce qui peut être traduit par :" Et quand Il vous enveloppa de sommeil comme d’une sécurité de Sa part, et du ciel Il fit descendre de l’eau sur vous afin de vous en purifier, d’écarter de vous la souillure du Diable, de renforcer les cœurs et d’en raffermir les pas! [vos pas]." (TSC, Al-Anfâl (Les butins : 11). Les musulmans s’étaient en effet assoupis malgré eux.
L’armée musulmane s’était alignée face à des puits. L’un des compagnons interrogea le Prophète au sujet de la position de l’armée : « Est-ce une révélation venant d’Allah ? Ou bien est-ce la guerre avec ses décisions et ses stratagèmes. » Le Prophète répondit : « C’est la guerre avec ses décisions et ses stratagèmes. » Le compagnon suggéra alors de boucher tous les puits sauf un et d’aligner l’armée au delà des puits afin de disposer de ravitaillement en eau et d’en priver l’ennemi. Le Prophète qui donnait à chacun, petit ou grand, la liberté de s’exprimer, exécuta ce plan.
Dans ces circonstances, et pour la première fois, le Prophète s’adressa à son armée pour l’encourager au Djihad. Il déclare : « En avant, vers le Paradis qui est aussi vaste que les cieux et la terre ! » Notons au passage qu’il faut s’adresser aux gens en fonction des circonstances qu’ils vivent, chaque chose doit venir en son temps. ‘Omair ibn al-Hamam lorsqu’il entendit le Prophète annoncer le Paradis, souhaita être de ceux qui le gagneront. Le Prophète lui prédit qu’il en serait, et il tomba martyr dans la bataille. Harissa aussi, 18 ans fut parmi les martyrs. Il était très pieux. Le Prophète (BP sur lui) le rencontra un jour à Médine et lui demanda de ses nouvelles. Il répondit : « Je suis devenu un vrai croyant ; « Quelle est ta preuve ? » lui demanda le Prophète. Il dit : Je vois le Trône du Seigneur, les gens du Paradis dans les délices, les gens de l’Enfer brûler, et je préfère la prière de nuit à ce monde. » Le Prophète (BP sur lui) lui dit : « Maintenant que tu as su, continue ainsi. » Une flèche l’atteint au tout début de la bataille et le Prophète dit à sa mère qu’il avait gagné les plus hauts degrés du Paradis. Ce sont ceux-là qu’Allah choisit, ceux qui travaillent de toutes leurs forces pour la gloire de l’Islam.
La bataille commença. Le Prophète envoya les membres de sa famille au combat en premier, Ali, Hamza, Abou ‘Obaida ibn Al-Hârith son cousin. Ce dernier tomba martyr et mourut sur la cuisse du Prophète en disant : « Ai-je accompli mon devoir, ô Messager d’Allah ? Le Prophète répondit : « ô Allah, j’atteste que ‘Obaida ibn Al-Hârith a accompli son devoir ! » Avons-nous ce sens du devoir, ce sens de la responsabilité vis a vis de ceux qui ont tout sacrifié pour nous transmettre ce message de vérité et de justice ?
La première ligne des combattants musulmans se retira et les archers prirent leur place, prenant l’ennemi par surprise. ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Aouf raconte qu’alors qu’il se tenait avec un détachement de 15 hommes sur la droite de l’armée, un adolescent qui se trouvait parmi eux lui dit : « ô mon oncle, montre-moi Abou Jahl ! » ‘Abd-al-Rahmân lui dit : « Qu’as-tu à faire avec Abou Jahl… » Il répondit : « Ma mère m’a dit, si tu ne tues pas Abou Jahll, ne rentre pas… » A sa gauche, un autre adolescent lui demande la même chose : « montre-moi Abou Jahl ! » Et ajoute : « J’ai entendu dire qu’il insulte le Messager d’Allah, et je ne peux supporter que le Messager d’Allah soit insulté ! » Notons au passage que le Prophète ne laissait pas les enfants combattre. « Rien ne m’a fait plaisir autant que ces deux jeunes » rapporta ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Aouf à propos des deux adolescents. Ils ont attaché leurs épées à leurs poignets, car ils étaient encore frêles, et se sont élancés vers Abou Jahl. L’un d’eux frappa les pattes de son cheval qui tomba, tandis que l’autre frappa Abou Jahl au cou de son épée. Alors qu’ils s’enfuyaient, l’un d’eux fut rattrapé par un des Mecquois qui lui frappa l’épaule d’un coup d’épée. Mais il voulait annoncer le premier la nouvelle de la mort de Abou Jahl au Prophète. Il tira sur son bras pour le détacher à l’épaule afin de courir plus vite vers le Prophète en criant « Nous avons tué Abou Jahl ! » Celui-ci rendait effectivement le dernier soupir.
Le Prophète avait annoncé sur le champ de bataille : Si vous vous trouvez face à Abou al-Boukhtouri ibn Hichâm, ne le tuez pas. En effet, c’est lui qui avait demandé la destruction du document placé dans la Ka’ba et qui stipulait le boycott des musulmans. Par reconnaissance pour ce geste, le Prophète avait interdit de le tuer. Les compagnons pour obéir au Prophète essayèrent de l’éviter et lui dirent que le Prophète leur avait interdit de le tuer en reconnaissance pour son attitude à l’époque, mais celui-ci insista à combattre et fut tué par l’un des musulmans, qui s’était vu contraint de le tuer pour se défendre.
A la fin, les anges vinrent soutenir les musulmans : " Et ton Seigneur révéla aux Anges: «Je suis avec vous: affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts"  (TSC, Al-Anfâl (Les butins : 12). Au début de la bataille, lors de l’offensive de Qoraïche, le Prophète levait ses bras vers le ciel et priait avec ferveur pour la victoire, en tout humilité. Allah dit-ce qui peut être traduit par " Allah vous a donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez Allah donc. Afin que vous soyez reconnaissants." (TSC, Al ‘Imran: 123). Dans ses supplications le Prophète disait : « O Allah, si cette petite bande allait périr, Tu ne serais plus jamais adoré… » Puis le Prophète participa à la contre offensive qui suivit jusqu'à ce que Jibril descende avec une multitude d’anges.
Conclusion :
Badr gouvernée du ciel, et exécutée sur la terre fut une victoire décisive pour les Musulmans et reste une leçon et un signe, qu’il nous faut œuvrer pour l’islam.
Soixante-dix des plus puissants membres de Qoraïche y trouvèrent la mort. Ils furent enterrés dans une fosse séparée de celle des musulmans et le Prophète leur dit : « Avez-vous trouvé ce que votre Seigneur a promis véridique ? » ‘Omar lui dit : « Ils ne t’entendent pas, ô Messager d’Allah ». Il dit (BP sur lui) : «  ô Omar, tu ne m’entends pas mieux qu’eux. » C’est une leçon pour tous ceux qui s’écartent de la vérité pour défendre un intérêt personnel.
Quatorze musulmans tombèrent martyrs, treize d’entre eux étaient des Ançars. Ils n’avaient pas hésité à offrir ce sacrifice pour leur cause

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