Travaillons et apprenons ensemble et en groupe

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Les méthodes pédagogiques sont en changement continu. Nous serions tous étonnés si nous utilisons des moyens d’évaluation de notre façon d’enseigner : S’enregistrer et revoir les bandes vidéos seul, ou en groupe, faire remplir des formulaires par des étudiants, faire corriger par d’autres confrères, et entrecroiser les contenus pédagogiques…
En réalité, comme dans tout processus d’amélioration, il y a une spirale où nous agissons, nous évaluons, et nous progressons en changeant nos pratiques, nos informations, notre façon d’agir, et ce dans le but de mieux faire, et mieux produire dans une quête perpétuelle du quasi parfait, à condition d’accepter le principe d’évaluer notre travail. Le fait d’appliquer ce processus à notre activité d’enseigner nous pousse à sortir des chemins tracés à la craie sur un tableau noir. Ces techniques ont donné, mais ne sont plus adaptée, de manière isolée, aux sommes d’informations phénoménales qu’il faut transmettre aux étudiants, et aux compétences qu’il faudra leur faire acquérir.
Parmi les innovations nous avons les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Historiquement la transmission de l’information se faisait par compagnonnage, et fut basée sur l’apprentissage direct d’un métier par l’apprenti sous la férule du maître. Les activités d’un niveau intellectuel étaient l’apanage des érudits, avec des thématiques philosophiques, et des manuscrits bien gardés.
Petit à petit l’enseignement s’est démocratisé, mais avec des dogmes tel « le professeur sait tout, et pas de discussion », et qui ne laissait aucune ouverture à l’esprit afin de critiquer, évaluer et progresser.
Heureusement l’esprit humain se libère continuellement, et les médecins ont depuis longtemps joué un rôle primordial dans cette évolution.
 
L’apprentissage par la résolution des problèmes est une solution très séduisante qui optimise les moyens en canalisant les données de la théorie pour résoudre un problème donné.
Cette méthode est encore plus intéressante s’il y a un travail collaboratif d’un groupe d’étudiants.
 
Chaque étudiant a un noyau de connaissance au temps t, son environnement, ses moyens intellectuels, ses capacités de mémorisation font qu’il possède des possibilités de développement de son noyau central de manière concentrique. Cette zone qui permettrait son évolution est dite zone de développement de proximité (ZODEP).
La Zodep nécessite l’interaction d’une ou plusieurs personnes plus expérimentées : Professeurs, tuteurs, résidents, internes, ou d’autres étudiants ayant les même pré-requis, et les même objectifs, mais pas forcément les même capacités, et niveau cognitif, mais qui seront complémentaires, et pourront faire chevaucher leur Zodep.
L’apprentissage et la réflexion en groupe sont souvent utilisés en médecine : Visite aux lits des malades, staff, séances bibliographiques, travail au bloc opératoire…
Ainsi, il est intéressant de développer d’autres idées dans l’apprentissage de la médecine, en favorisant le travail coopératif, et collaboratif entre les étudiants, sous la supervision des professeurs, et des tuteurs. Les étudiants auront des projets à produire, avec une recherche bibliographique ciblée, des résumés et première présentation, corrections avec le professeur…
Le but sera de développer eux même des parties du cours, un ensemble d’activités avec des objectifs précis lors des stages hospitaliers… Leurs travaux peuvent être produits sous forme de texte, de présentation PowerPoint, de Cdrom, de site Web…
La méthodologie de travail sera basée sur des réunions, des conférences sur le Web (Visioconférence, chat), des emails, des ateliers pratiques, des séances de formation avec les professeurs.
 
 
 
Cette approche participative renforce les relations entre les étudiants, permet un enrichissement mutuel, sort l’étudiant de sa position passive, et le pousse à se rapprocher de ses professeurs, et de mieux comprendre les processus de l’enseignement afin de mieux les intégrer.
Ce court article est un plaidoyer en faveur du travail en groupe, et j’invite les étudiants à travailler par deux ou trois pour les observations, les consultations bibliographiques se rapportant aux malades dont ils ont la charge dans les services cliniques, de corriger ensemble leurs observations en utilisant les livres adéquats, et en consultant Internet, et ce avant de les exposer à leurs professeurs. Ce sera un premier pas pour cette approche, qui a par ailleurs un aspect social indéniable.
                  
                                                                                                                                                   Pr. Saad Albaroudi
 

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